A quel moment
demander la prestation compensatoire ?
Il faut la demander obligatoirement pendant la
procédure de divorce. Dès que le divorce est prononcé, il est
trop tard pour faire les démarches.
Comment est-elle
déterminée ?
Pour pouvoir bénéficier d’une prestation compensatoire,
il faut prouver que le divorce a entraîné une diminution de train
de vie.
Il n’existe pas de barème. Soit les époux tombent d’accord sur
le montant et les modalités de la prestation, soit en cas de désaccord
des époux, c’est le Juge aux Affaires Familiales qui fixe la prestation
au moment du prononcé du divorce.
Le juge prend en compte les ressources de celui qui verse la prestation
(le débiteur) et les besoins de celui qui la reçoit (le créancier),
la situation est évaluée au moment du divorce et l’on tient compte
de la possible évolution de cette situation.
Le Juge prend en considération certains critères
prévus au Code Civil tels que :
- l’âge et l’état de santé des époux
- la durée du mariage
- la qualification et la situation professionnelle
des anciens époux par rapport au marché du travail
- le temps déjà consacré à l’éducation des
enfants et le temps qu’il faudra encore y consacrer.
- le patrimoine des époux, leur situation
en matière de pension de réversion et de retraite.
Les époux peuvent être d’accord sur le montant
de la prestation.
C’est le cas du divorce par consentement mutuel : le montant et
les modalités de versement de la prestation sont indiqués dans
la convention qui est présentée au Juge.
Si le Juge considère que le montant de la prestation n’est pas
équitable, il a le droit de la refuser.
Dans les autres cas de divorce, les époux peuvent se mettre d’accord
librement et présenter leur choix à l’homologation du Juge.
Pour que le juge puisse apprécier le bien
fondé de la prestation qui est demandée, chaque époux devra rédiger
une attestation sur l’honneur dans laquelle seront indiqués ses
ressources, ses revenus et la composition de son patrimoine .
Comment est-elle
versée ?
- En règle générale, la prestation compensatoire est versée sous
forme de capital.
Ce capital peut être payé en argent ou « en nature », c'est-à-dire
soit par versement d’une somme d’argent, soit par l’attribution
d’un bien en pleine propriété ou seulement l’usufruit de ce bien
ou encore par un simple droit d’habitation sur un logement.
Si l’époux ne dispose pas de la totalité de la somme, le Juge
peut l’autoriser à verser le capital en plusieurs échéances, dans
un délai maximum de 8 ans.
- Exceptionnellement, la prestation compensatoire
peut être versée sous forme de rente à vie, par une décision motivée
du Juge, lorsque la situation personnelle, l’âge ou l’état de
santé du bénéficiaire ne lui permet pas de subvenir à ses besoins.
- Dans certaines circonstances, une prestation
compensatoire mixte peut être versée. Dans ce cas, une fraction
est versée en capital et l’autre fraction est versée sous forme
de rente.
Est-il possible
de réviser la prestation compensatoire ?
Si la prestation compensatoire est versée
sous forme de capital :
Elle ne peut pas être augmentée par rapport à son montant
initial.
Cependant, si le débiteur apporte la preuve d’un changement important
de sa situation, le Juge pourra réviser les modalités de paiement
et l’autoriser par exemple à verser le capital sur une durée supérieure
à 8 ans.
Si la prestation compensatoire est versée
sous forme de rente:
Elle peut être révisée, suspendue ou supprimée en cas de
changement important dans les ressources ou les besoins des parties.
(Chômage du débiteur, remariage du créancier …..)
ou les besoins des parties. (Chômage du débiteur, remariage du
créancier …..)
Attention :
- La demande de révision peut être formulée par le créancier
ou par ses héritiers.
- La révision de la prestation n’est pas automatique. Il appartient
au Juge de prendre la décision au vu des justificatifs qui lui
sont fournis.
C’est pourquoi, il faut veiller à déposer un dossier complet pour
éviter un refus de la révision.
- A tout moment, le débiteur ou ses héritiers a la possibilité
de demander à substituer un capital à la rente.
- Le créancier peut également demander cette substitution s’il
justifie d’une modification de la situation du débiteur.
Que devient
la prestation compensatoire en cas de décès de celui qui la verse
?
En cas de décès du débiteur, le montant de la
prestation compensatoire est désormais prélevé sur la succession
avant tout partage, en application de la nouvelle loi sur le divorce.
Ainsi, les héritiers ne sont plus redevables personnellement de
cette dette comme c’était le cas avant la réforme.
- S’il était prévu un échelonnement de paiement
de 8 ans, le solde du capital devient immédiatement exigible.
- Si la prestation était versée sous forme
de rente, celle-ci est transformée en capital selon un barème
fixé par décret et après déduction de la pension de réversion.
Le solde devient exigible immédiatement.
- Les héritiers ont aussi le droit de poursuivre
le versement comme il était initialement prévu. Cette décision
sera consignée par acte notarié. Dans ce cas, les héritiers deviennent
personnellement responsables du paiement de la prestation.
Quel est le
régime fiscal applicable à la prestation compensatoire ?
Le régime fiscal qui s’applique, varie selon que
le capital est versé dans les 12 mois qui suivent le divorce ou
que les versements sont échelonnés sur huit ans maximum.
- Si le capital est versé dans les douze mois
qui suivent le divorce, le débiteur bénéficie d’une réduction
d’impôt égale à 25% des sommes payées, dans la limite de 30 500€.
Pour le créancier, ce capital n’est pas imposable.
Désormais, ce régime fiscal s’applique aussi aux versements réalisés
en nature. Dans ce cas, un droit de partage de 1% est exigé si
le paiement est fait à partir d’un bien commun ou d’un bien indivis
acquis pendant le mariage. Si le paiement s’effectue à l’aide
d’un bien propre ou d’un bien indivis acquis avant le mariage,
une taxe foncière de 0.60% sera due.
Généralement, les frais sont à la charge du créancier.
- Si le paiement est échelonné sur une durée
supérieure à 12 mois, le débiteur peut déduire de son revenu imposable
les sommes versées.
En contrepartie, le créancier doit déclarer les sommes qu’il touche
avec ses autres revenus, ce qui est beaucoup moins avantageux.
Comment obtenir
le paiement de la prestation compensatoire ?
La personne qui ne paye pas à son ex-époux la
prestation compensatoire se rend coupable d’abandon de famille
et peut donc être poursuivi.
Lorsque la prestation est versée sous forme de rente, les procédures
de recouvrement sont les mêmes que celles utilisées dans le cas
de la pension alimentaire :
- le paiement direct : il permet d’obtenir
rapidement le paiement de la prestation par des tiers, l’employeur
ou la banque par exemple.
Pour déclencher cette procédure, le créancier doit s’adresser
à l’huissier de justice du lieu de sa résidence.
- la saisie attribution : elle permet au créancier
de récupérer immédiatement les sommes sur le compte bancaire du
débiteur. Au vu d’un acte notarié ou d’une convention homologuée
par le Juge, l’huissier de Justice notifie l’acte de saisie à
la banque.
En cas de difficultés de paiement de la prestation
compensatoire, le créancier peut demander l’aide de la Caisse
d’Allocations Familiales et lorsque toutes les procédures ont
échoué, il peut s’adresser au Trésor Public qui se chargera de
recouvrer les sommes .